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  • thefunkyman

Quand sait-on que la crise est terminée?


Une crise, qu’elle soit financière ou d’une autre nature, est toujours source de dangers et d’opportunités.


Une fois n’est pas coutume, je vais commencer par donner réponse à la question posée dans le titre. En tant qu’investisseur, on sait toujours trop tard que la crise est finie. En regardant dans le rétroviseur, si nous avions par extraordinaire été prévenus que cette fichue crise (la précédente) allait s’achever prochainement, nous n’aurions pas manqué de nous positionner massivement à l’achat sur les marchés… Or, nous avons rétrospectivement et à tort, fait preuve d’attentisme.


Comme vous le savez, les marchés obligataires et actions font grise mine avec des performances largement négatives depuis le début de l’année: -25% sur le S&P, -20% sur le Stoxx Europe 600, et globalement -20% sur les marchés obligataires. L’inflation a stoppé nette la machine à billet et a mis les investisseurs au pied du mur de la réalité: l’économie réelle peut casser le marché. Pour rappel nous avions préalablement appris que le marché pouvait casser l’économie réelle en 2008-2009 et s’en tirer à bon compte.


Dire que la situation actuelle est le résultat de politiques monétaires très (trop) accommodantes revient à enfoncer une porte ouverte. Evidemment l’afflux de liquidités et un probable sentiment d’impunité des marchés ont changé la perception du risque pour les investisseurs. Cependant existait-il réellement une alternative au «quoi qu’il en coute» lorsqu’il a fallu affronter 2008, 2012 et le Covid? A priori pas, et a posteriori non plus.


Ainsi les données du problème sont aujourd’hui assez claires pour toute le monde.

Tout d’abord l’inflation. Comme le montre le graph ci-dessous, l’inflation passe au-dessus des 2% en zone euro à partir de juillet 2021, et devient donc un sujet bien avant la guerre en Ukraine. Nous sommes en effet passé d’un choc de demande en sortie de Covid, contre lequel on peut dire aujourd’hui qu’une remontée des taux aurait été particulièrement efficace, à un choc d’offre.

Le niveau d’inflation justifie l’intervention de la banque centrale, tout le monde en convient. Et un ralentissement global de l’économie en Europe, aux US et en Chine fera, on l’espère, efficacement baisser les prix. Si cela ne suffit pas, on n’anticipe pas un changement de politique des banques centrales tant que le taux de chômage ne sera pas significativement plus élevé.


Le faible taux de chômage apparait donc paradoxalement comme étant un problème. En effet, il est au plus bas en Europe (6,6%) et aux US (3,7%).


C’est un problème pour le marché car il permet aux banques centrales d’avoir des taux directeurs plus hauts plus longtemps avant que cela ne ralentisse leur intervention. Or le marché n’aime pas les taux hauts, et préfère cyniquement un chômage plus élevé.


Pourtant, alors que l’on n’a jamais été aussi proche du plein emploi en Occident, la situation est préoccupante sur le front de la confiance des consommateurs.


Confiance des consommateurs et confiance dans l’économie dans l’Eurozone sont des statistiques publiées chaque mois par la Commission européenne.

Chacun se fera une opinion des raisons de la spectaculaire divergence observée entre la confiance des consommateurs au plus bas et la confiance dans l’économie, et je suis à votre disposition si vous souhaitez échanger sur le sujet.


Toutefois on peut objectivement relever que la confiance des consommateurs est plus basse que lors du Covid, alors que la confiance dans l’économie est encore bien supérieure à son niveau d’alors, de 2012 et de 2008.


Le fait que les agents économiques pensent que demain sera beaucoup moins bien qu’hier est un vrai problème, surtout si cette vue n’est pas largement partagée par les acteurs.

C’est un problème pour les marchés dans les anticipations de consommation, mais surtout un problème pour la qualité de vie des agents économiques eux-mêmes. C’est paradoxal si on regarde les chiffres de l’emploi, mais c’est compréhensible si on les ajuste de l’inflation.

En observant les données US, on s’aperçoit que le salaire minimum ajusté de l’inflation est au plus bas niveau depuis 1956.

Un ajustement des salaires sera donc nécessaire, et cet ajustement n’aura pas d’impact sur l’inflation. Certes cela limitera les profits futurs des sociétés, mais augmentera la capacité des agents économiques à consommer. Je suis persuadé qu’au bout du compte tout le monde sera gagnant.


Ainsi cette crise devrait être l’occasion de revaloriser les salaires, et elle a déjà accéléré la prise de conscience et la mise en place de la nécessaire transition vers une économie moins carbonée. En termes sociaux, énergétiques, stratégiques et écologiques c’est une excellente nouvelle.


Si la baisse des marchés est une mauvaise nouvelle pour la valorisation des portefeuilles existant, elle est en revanche une formidable opportunité pour tous les gérants qui attendaient une correction. C’est l’occasion d’acquérir à bas prix les actifs dans lesquels ils croient, de bénéficier de meilleurs rendements, de vendre de la volatilité, voire de construire des produits à capital garanti pour effacer le risque à la baisse des portefeuilles tout en s’assurant d’être déjà positionné pour la sortie de crise.


Référence: https://www.allnews.ch/content/points-de-vue/quand-sait-que-la-crise-est-termin%C3%A9e

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